Quand le silence devient complice
Le poids du non-dit, de ceux qui voient l’injustice mais détournent le regard
Dans un monde saturé d’images et de prises de parole, le silence pourrait sembler anodin. Pourtant, il pèse lourd. Dans les salles de classe, les lieux de travail ou les communautés, le non-dit agit comme une approbation tacite des injustices. Ne rien dire, c’est souvent conforter l’ordre établi, même quand celui-ci blesse ou exclut.
Dans une entreprise montréalaise, une employée raconte avoir été témoin d’une remarque sexiste faite à une collègue. Personne n’a réagi : « On a tous baissé les yeux. Je me suis sentie coupable de mon propre mutisme », confie-t-elle. Des scènes semblables se répètent : dans les transports, quand une personne est harcelée ; sur les réseaux sociaux, face aux discours haineux ; dans les familles, lorsque des comportements abusifs sont excusés au nom de la paix domestique.
« Se taire face à l’injustice, c’est offrir un refuge à l’inacceptable. »
Les sociologues soulignent que ce silence est souvent motivé par la peur : peur de représailles, de l’isolement, ou simplement de briser une harmonie apparente. Pourtant, l’histoire montre que les grands changements naissent lorsque des témoins ordinaires choisissent de parler. Un simple « ce n’est pas correct » peut briser une spirale d’abus.
Rompre le silence ne signifie pas toujours crier ou s’exposer. Cela peut être un geste discret : soutenir une victime, signaler une injustice, ou refuser de rire d’une blague discriminatoire. Chaque prise de parole fragilise la complicité passive et construit une culture où le courage moral prime sur la peur du conflit.
Et vous, avez-vous déjà été témoin d’une situation où le silence pesait lourd ? Partagez vos réflexions ou vos expériences dans les commentaires : vos mots pourraient inspirer d’autres à ne plus détourner le regard.
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